Décès de Pierre Cerutti, résistant du GMAV, membre de la Division Leclerc

Pierre Cerutti est né le 21 août 1922 à Azerailles en Lorraine.

En 1942 il s’engage dans l’armée d’armistice à la 5e compagnie du train à Albi. Lors de l’invasion de la zone libre par les Allemands il est démobilisé, et rentre à Azerailles.

En septembre 1943 il est requis par les Allemands pour partir au service du travail obligatoire. Il est employé comme mécanicien dans un garage de Ludwigshafen en Allemagne. A la suite d’un bombardement allié, le garage est détruit, il déserte et  rejoint la France puis Azerailles.

Il décide de rejoindre les forces du  général  de Gaulle à Londres, de Douarnenez où habite un de ses parents et il décide de  passer par voie maritime en Angleterre. Cette filière  ayant été détruite, il entre au réseau de résistance Vengeance de Douarnenez sous les ordres de Luc Robet. Il est agent du renseignement et garde du corps de son chef. Suite à l’arrestation de ce dernier, sur dénonciation d’un gendarme   français, il repart sur Paris et Azerailles.

Recherché par la police et la gestapo, le maire de son village lui propose d’entrer dans la résistance au secteur 414 en Lorraine. Il participe au sauvetage d’aviateurs anglais abattus par les Allemands à Glonville.

En 1944, il entre au GMAV sous les ordres du lieutenant Jean Serge (1ère centurie, 2e vingtaine au groupe de protection). Il participe à la réception de deux parachutages près du Mont et à Veney.

Un parachutage prévu pour le 3 septembre 1944 en vue d’équiper plusieurs centaines de maquisards est reporté pour cause de mauvais temps en Angleterre. L'état-major du GMAV décide d’héberger les hommes provisoirement à la ferme de Viombois, à cause de la pluie.

Le 4 septembre 1944 au matin, des accrochages avec les forces  allemandes se produisent. En fin de matinée la ferme de Viombois est encerclée. Un bataillon de la Wehrmacht attaque. Les combats sont très violents. Pierre Cerutti  à son poste de combat et avec ses compagnons d’arme repoussent  de nombreux assauts de l'ennemi. Les maquisards en armes bien que beaucoup moins    nombreux, se battent avec héroïsme et à la nuit tombée l’ennemi décide de rompre le combat. 

On dénombre 57 maquisards tués. Les pertes allemandes sont toujours inconnues. Une vingtaine de résistants se retrouvent aux roches de Voney, le colonel Maximum, chef du GMAV, félicite les survivants et leur déclare ’’qu’ils se sont bien  battus comme à   Bir Hakeim’’.

Suite aux nombreuses arrestations et déportations qui suivent la bataille de Viombois, le maquis est dissout et les hommes sont désarmés.

Les troupes du général Leclerc arrivant devant Baccarat, Pierre Cerutti ainsi que son frère alors âgé de 16 ans décident de franchir la Meurthe en crue et de rejoindre la 2e DB. Pierre s’engage au 2e Régiment de Marche du Tchad (2e RMT), 5e compagnie. Il participe à la bataille de Baccarat avec le groupement Massu qui par une manoeuvre de contournement attaque Hablainville. Après la prise de Baccarat, le 2e RMT prend Badonviller, Cirey, puis le barrage de la Fraimbole où les combats sont très meurtriers. C’est sur un char qu’il se dirige vers Dabo, puis vers Saverne qui est libéré le 23 novembre 1944.

Lors de l’attaque de Strasbourg, les chars du groupement Massu, embourbés, sont bloqués à Mittelhausbergen, ce qui les empêche de pénétrer les premiers dans Strasbourg. La colonne Massu finit par atteindre la poste de la capitale alsacienne.      Strasbourg est enfin libérée. 

Pierre poursuit le combat avec la division Leclerc jusqu’en Allemagne. Il est démobilisé et retrouve la vie civile avec la fierté de s’être bien battu pour la liberté de son pays.

Pierre Cerutti était titulaire de la médaille militaire, de la croix de guerre, de la médaille de la Résistance, de la croix du combattant volontaire de la Résistance et de la croix du combattant.