Décès de Gilbert May

Gilbert MAY,

12 février 1925-12 octobre 2013.

Gilbert May naît à Strasbourg le 12 février 1925. La déclaration de guerre entraîne l’évacuation de la capitale alsacienne le 2 septembre 1939, aussi la famille May part-elle vers Saumur. L’armistice du 22 juin 1940 et l’annexion de fait de l’Alsace-Moselle la dissuade de revenir vers Strasbourg. Les May gagnent donc Saint-Amand-Mourond dans le Cher. Gilbert décide d’étudier le droit à l’université de Strasbourg, évacuée alors à Clermont-Ferrand. 

En 1943, il entre dans la Résistance afin d’aider à cacher les enfants juifs. Lui-même de confession israélite, il crée avec son père et son frère un réseau de faux papiers destinés aux Juifs persécutés. Il participe également aux parachutages d’armes et de nourriture en provenance d’Afrique du Nord. Recherché pour son activisme résistant, il  rejoint le maquis de la Creuse avec son frère Jean-Pierre.

Juillet 1944 est un mois terrible pour la famille May : Félix, le père, est fusillé par la Milice à Saint-Amand-Montrond le 4 juillet 1944. A la même époque, le maquis de 60 hommes où se trouvent les deux frères à Saint-Dizier Leydennes près de Bourganeuf est attaqué par une troupe de 1 200 SS lourdement armés. 

Comme huit hommes de son groupe, Gilbert est blessé : une balle l’a atteint dans la gorge. C’est son propre frère Jean-Pierre qui le panse. Quand les SS foncent sur eux, son frère le met debout. Les huit blessés qui sont restés allongés sur le sol sont abattus d’une balle dans le crâne.

Jean-Pierre est transféré dans une prison près de Cologne où il est abattu le 21 janvier 1945.  Après de multiples péripéties, Gilbert May est interné  à la prison de Clermont-Ferrand sous le nom de Jean Michot. Devant l’avancée des Alliés, les prisonniers sont déportés vers le camp de concentration de Natzweiler-Struthof (Alsace) le 30 août 1944. Après l’évacuation du camp en septembre, Gilbert est transféré au Kommando d’Augsbourg où les déportés creusent une usine souterraine pour Messerschmitt. Atteint d’une pneumonie, il est conduit à Dachau avant d’être envoyé dans un nouveau Kommando, celui de Kaufering Landsberg, où il participe à la construction de baraques. Lorsque ce Kommando est évacué le 15 avril 1945, Gilbert May subit une marche de la mort de deux jours pour revenir à Dachau.

Le 29 avril 1945, des coups de canons et de fusils retentissent, les troupes américaines entrent dans le camp. C’est la Libération.

A son retour de déportation, Gilbert May doit reconstruire sa santé et sa vie alors que sa famille a presqu’entièrement disparu. Il reprend ses études et retourne à Strasbourg où il se marie et dirige des affaires dans le domaine des vins, des emballages métalliques et de la confection.

Par esprit de solidarité, Gilbert May est resté très actif sur le plan associatif pour la mémoire de la Résistance et de la Déportation : il était Vice-président national des Anciens de Dachau, trésorier national de l'UNADIF (Union Nationale des Déportés Internés et Familles) et de la FNDIR (Fédération Nationale des Déportés Internés de la Résistance), président départemental de ces deux associations. Il était également membre de la commission exécutive du Struthof, vice-président du Comité d’Action de la Résistance, membre de la commission départementale et membre de la commission de solidarité de l'ONAC. Il s'occupait également de l'UFAC et du concours national de la Résistance et de la Déportation.

Toujours présent aux manifestations organisées en mémoire des victimes, il continuait à transmettre son message : 

« Zakhor,(en hébreu : souvenez-vous). Car si par malheur vous ne continuiez pas à rappeler le souvenir de cette tragique période, les millions de victimes du nazisme seraient morts pour rien. »

Officier de la Légion d'Honneur depuis 1999.

Commandeur dans l'Ordre National du Mérite, en janvier 2008. 

Croix du combattant volontaire de la Résistance.

Médaille militaire.

Croix de Guerre 39/40.