Décès de Fernand Davy, résistant déporté au KL-Natzweiler

Fernand Davy est né le 26 novembre 1924 à Aucey-la-Plaine dans la Manche.

Ne pouvant s’accommoder de l’occupation allemande il s’engage à partir de juillet 1943 dans différents mouvements de résistance et prend part à divers actes de sabotage. Réquisitionné la journée par les Allemands pour creuser des fossés antichars, il consacre ses nuits à des sabotages : avec d’autres membres de son groupe, il détruit dépôts d’essence, fait dérailler des trains, manipule les turbines de l’usine hydroélectrique de Vézins ou ou laisse s’écouler vingt tonnes d’huile dans le fleuve côtier la Selune.

Arrêté en 1944 et remis à la Gestapo, il subit plusieurs séances de torture dont l’une d’elle lui coûte toutes les dents de devant.

Le 16 mai, il comparait devant un tribunal militaire allemand qui le condamne à mort. Sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité. Fernand est déporté comme Nacht und Nebel au camp de concentration de Natzweiler où il arrive le 2 juin.

En septembre, les déportés de ce camp sont évacués sur Dachau. Fernand ne séjourne que peu de temps dans le camp bavarois, puisque le 16 il est transféré à Haslach, camp annexe de Natzweiler.

Tous les matins, il doit, avec ses camarades, se rendre à pied à la mine Vulkan distante de cinq kilomètres, doit être enterrée une usine Daimler Benz. Il est employé à la construction de cheminées, à la pose de tuyauteries et de barbelés.

Le 15 février 1945, avec 245 autres invalides, il est transféré au camp mouroir de Vaihingen.

Fernand Davy est affecté aux transports des nombreux morts victimes du typhus avant d’être atteint lui-même par cette maladie.

Le 2 avril 1945, il est à nouveau transféré à Dachau où il est libéré le 29 avril 1945 par les troupes américaines. Il ne pèse plus que 32 kilos.

Le 28 mai, il est rapatrié à Paris où il reste en traitement pendant plusieurs semaines avant de pouvoir rentrer définitivement chez lui le 12 juin.

Photo: Fernand Davy (au 1er plan) et André Maratrat, résistants déportés, déposent une gerbe à la Sablière du struthof lors de l'Assemblée générale de l'Amicale de Natzweiler en 2013.