Détail

« Chaque matin, je peux sortir, dire ce que je veux, me rendre là où je veux comme un homme libre dans un pays libre.
Ceci est un grand avantage ! »

Jaap van Mesdag  est né le 4 Janvier 1922 à Fribourg en Suisse.
Il a passé sa jeunesse à Hilversum. Il est étudiant en médecine quand la Seconde Guerre mondiale éclate.
Avec son camarade du ‘Baarsch Lyceum’ Ernst Sillem (qui sera également déporté à Natzweiler) ils se lancent dans la résistance.
Jaap nous a livré son témoignage en français en 2009 :

« Vol d’explosifs, fabriquer des bombes pour faire sauter un dépôt de munitions allemand etc… C’était des idées que j’avais. Mais sans expérience et/ou de connaissance dans ce domaine, je n’ai pu réaliser ces projets d’attaquer ces saligauds !
Fuite direction l’Angleterre. On savait que c’était risqué. En plus, on n’avait pas de connaissance ou connexion pour réaliser la fuite par la « route du sud ».
Faire connaitre nos idées aux parents aurait bloqué notre départ. Alors nous décidâmes de partir en canoë par la mer du nord. Maintenant on sait qu’avec nous encore trente-deux autres ont taché de fuir ainsi. Huit, 25% sont arrivés en Angleterre. Probablement, il y a eu encore d’autres tentatives de gagner la liberté en Angleterre par la mer du nord, dont on ne sait rien.
Nous tentons de partir depuis Ouddorp sur l’île de Goeree-Overflakkee dans le canoë pliable de Ernst Sillem.
Le 31 août, fête nationale, anniversaire de la reine Wihlelmina, à environ 23 h 30 nous quittons la plage.
Après cinq heures de navigation, le temps se dégrade, le canoë prend l’eau.
Avant de faillir couler, des silhouettes sombres
(patrouilleur allemand) se montrent à tribord.
De la maison, j’avais emmené une seule chose personnelle, ma trompette !
La patrouille change de direction, de 280 à 090 degrés. A ce moment, je sonnais le signal SOS sur ma trompette jusqu’à ce que j’entende la réponse du navire.

Ils nous ont pris à bord. Nous ont muni d’habits secs et donné une couchette. Après cette aventure ce n’était pas mal. Jusqu’à Rotterdam tout allait bien ! Le SD
(service de sécurité de la SS) nous emmène, quelques jours « Einzelhaft » (à l’isolement) dans une cellule obscure au bureau Heemraadsingel (siège du SD), deux semaines à la Rivierpolitie Rotterdam, puis le Durchgangslager Amerfoort, Vught, Natzweiler, Dachau, etc… »

C’est le 10 juillet 1943, que Jaap est déporté Nacht und Nebel à Natzweiler. Il est affecté au Kommando de la carrière pendant six mois. Ensuite, il est affecté au démontage des moteurs d’avion dans les halles.
Au camp de Vugt, il avait reçu une nouvelle trompette. A Natzweiler, il peut donc jouer dans l’orchestre du camp.
Début septembre 1944, le KL Natzweiler est évacué. Mais Jaap et 400 déportés restent sur place pour les derniers travaux.
Il est transféré le 21 septembre à Dachau où il sera libéré le 29 avril 1945.
Les détenus créent une police militaire pour assurer la discipline dans le camp tout juste libéré.
Jaap en fait partie. Il garde le Jourhaus, l’entrée du camp.

A son retour aux Pays-Bas, il ne reprend pas ses études de médecine et se lance dans les affaires chez Unilever.
Après un an en Afrique, Jaap se rend aux Etats-Unis où il travaille à Wall Street.
Il s’inscrit à la Harvard Business School. Deux ans plus tard et avec un MBA en poche, il travaille pour Heinz en Amérique, au Canada et aux Pays Bas. Cinq ans plus tard il créé une entreprise d’importation de vin de Bordeaux au Pays Bas.
En 1962, il épouse Ellen van den Broeke
Jaap est un passionné d’avions de la Première Guerre mondiale. Ce qui a commencé avec un pari, est devenu un passetemps dévorant.  C’est le début de l’association ‘Early Birds’, qui restaure des avions anciens.
En 1967, il est le premier Néerlandais, qui traverse l’océan Atlantique dans un petit avion à moteur unique.


En 1992, Jaap âgé de 70 ans  et Ernst de 69 décident de refaire leur voyage en canoë pliable avec petit moteur. Cette fois, contrairement à leur tentative de 1943, il fait beau et deux bateaux les suivent. Quelques heures avant l’arrivée, il fait nuit,  Jaap et Ernst  voient déjà les lumières des côtes anglaises mais ils chavirent. Heureusement, les bateaux accompagnateurs les récupèrent.

Chaque année, Jaap était présent aux cérémonies de commémoration à Natzweiler. 
Le plus important pour lui, c’était la LIBERTE !
«Chaque matin, je peux sortir, dire ce que je veux, me rendre là où je veux comme un homme libre dans un pays libre.
Ceci est un grand avantage ! »

Jaap a fait don de sa trompette et de son étui au musée du Struthof.



Jaap s’est éteint le 23 Octobre 2015 à Hilversum.

Le Centre européen du résistant déporté présente à sa famille et à ses proches ses profondes et sincères condoléances.

www.facebook/natzweiler/

 

 

En savoir plus sur Jaap

 

 

 

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