Détail

En 1943, Georges Soulier est recruté par les services secrets alliés et français libre. Il rejoint 120 autres officiers français dans un réseau baptisé « Sussex ». Sa mission : envoyer à Londres par radio des informations sur les mouvements de troupes nazies au moment du débarquement.

Dernier né d’une famille lyonnaise de cinq enfants, Georges Soulier a 19 ans en 1940. Profondément hostile à l’occupant, il décide de partir en Afrique du Nord où il s’engage au 2e régiment des Spahis algériens.

A l’été 1943, il se porte volontaire auprès des Alliés pour devenir opérateur radio et passe avec succès des tests à Alger. Il est alors convoqué devant deux officiers en civil qu’il ne connaît pas encore - un officier britannique et le colonel Rémy, chef des renseignements de la France libre, le BCRA. Les deux hommes l’interrogent longuement puis lui proposent une mission très spéciale : après une formation en Angleterre, Georges Soulier serait parachuté en France occupée pour transmettre des renseignements à l’Etat-major allié en prévision d’un prochain débarquement. M. Soulier donne son accord sans hésiter. Il doit alors changer d’identité et couper toutes relations avec sa famille et ses proches.

St Albans, sa formation à l’école de Prae wood House

En février 1944, il arrive à St Albans (Grande-Bretagne) sous le nom de Gérard Boudemange pour commencer une formation très rapide. Entre les 108 jeunes officiers français règne une ambiance excellente. L’instruction comprend toutes les matières susceptibles de servir pendant la mission, notamment le chiffrage et déchiffrage des messages grâce à la méthode de la double transposition : chacun choisit une phrase qui sera son code durant toute sa mission – pour Georges Soulier, c’est un extrait d’Athalie de Racine : « Celui qui met un frein à la fureur des flots, sait aussi des méchants arrêter les complots ».L’instruction se termine par un entrainement d’une semaine au saut en parachute sur la base de Ringway.

Mission “VIS” à Blois

Georges Soulier est parachuté le 2 juin 1944 à proximité de Blois avec son binôme, un dénommé Jourdet, Alsacien âgé d’une trentaine d’années. Alors que le débarquement en Normandie a lieu le 6 juin, ils prennent position dans la ville et signalent tous les mouvements de troupes ennemies susceptibles de remonter du sud de la Loire vers le front de Normandie.

Ils fournissent de précieuses informations à Londres, mais Jourdet est repéré et doit rapidement quitter Blois. Georges continue sa mission seul. Quand Blois puis Paris sont libérés, il rejoint les Alliés et apprend le sort tragique d’un certain nombre de ses camarades.

Après-guerre

La mission suivante de Georges Soulier le conduit en Alsace. Les Allemands ayant lancé la contre-offensive Von Rundstedt en Alsace, il est affecté à Strasbourg en tant qu’opérateur radio. C’est là qu’il rencontre sa future épouse, Germaine, originaire de Bischheim. 

Le 18 décembre 2012, Georges avait honoré de sa présence la journée de soutien au Concours National de la Résistance et de la Déportation à Strasbourg. 

Le 28 avril 2013, il inaugurait l'exposition "L'heure des combats viendra" (voir l'interview), sur les moyens de communication de la Résistance. Un panneau lui était consacré, et Georges avait eu la gentillesse de prêter au CERD un certain nombre d'objets personnels (Collection Sussex, bientôt présentée au MMpark de la Wantzenau).

Le Centre européen du résistant déporté présente à sa famille et à ses proches ses sincères condoléances.

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