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Jacques LANTZ

     

Les textes sont sous la responsabilité de leurs auteurs respectifs.
Ils traduisent des points de vue personnels et divers.

Juin 1940, les troupes allemandes défilent devant nous. La réaction de mon père est claire « Ils ne gagneront pas la guerre ».
Nous restons français. Nous subissons l’annexion : défense de parler français, de porter un béret, la croix de Lorraine…
Pour moi, il fallait résister. En refusant par exemple d’adhérer aux jeunesses hitlériennes.
Le 25 avril 1941, mon frère ainé, Eugène, âgé de 20 ans, quitte la Moselle grâce à un réseau de passeurs et parvient à rejoindre les Forces Françaises Libres à Bizerte (Tunisie).
Le 15 janvier 1943, à 3 heures du matin, deux soldats allemands viennent me chercher. J’ai trente minutes pour me préparer à rejoindre la gare pour intégrer un convoi, composé d’hommes, pour l’Allemagne. Nous arrivons en soirée dans un camp de passage à Bad Blankburg (Thuringe). Nous sommes 1 500 personnes enfermées dans une grande salle de meeting. Les conditions de vie sont difficiles à décrire : promiscuité, sanitaires insuffisants, sans porte et où il faut faire la queue. On y trouve la seule fenêtre où l’on peut un peu respirer d’air pur…
Nous ne sortons que tous les deux jours, sous bonne escorte, pour une promenade.
J’apprends que le 21 janvier, mes parents et mes deux frères, Joseph, 11 ans, Jean-Pierre, 7 ans, qui est malade, ont été arrêtés. Motif : opposition à toute organisation nazi, refus d’acheter le portrait d’Hitler et refus de signer la déclaration de foi pour le dictateur nazi.
Le 1er février 1943, je suis désigné pour partir à Linz en Autriche. Je suis enfermé au camp d’internement 45. Les nazis veulent m’obliger à signer un document dans lequel j’atteste ne pas être Juif. Je refuse. Sinon, c’est l’incorporation dans l’armée allemande.
La punition ne tarde pas. Je suis envoyé au camp 49 pour travailler aux ateliers centraux des usines Hermann Goering.
Douze heures de travail par jour. Dimanche et jours fériés compris. Une semaine de jour, une semaine de nuit.
A partir de 1944, je travaille comme soudeur sur des tourelles de char « Tigre ». Je sabote mon travail en ne réalisant pas toutes les soudures nécessaires.
Un jour, je suis atteint par la dysenterie. Je fais du sang et je suis hospitalisé. J’entends le médecin dire en allemand à son infirmier « Foutez-le dans une chambre seul comme cela personne ne le verra crever ».
Je me suis dit « Ah non, je ne crèverai pas »
Je finis par guérir. Dès ma sortie de l’hôpital, je dois retourner au travail.
J’échappe, avec une chance inouïe, à une vingtaine de bombardement de l’aviation alliée.
Mais j’en reste traumatisé encore aujourd’hui. Je suis allergique aux sirènes et je sursaute à chaque fois que des « Mirages » passent au-dessus de moi.
Le 15 avril 1945, j’apprends que mes parents ont été transférés de Silésie en Bavière. Je décide de m’évader pour les rejoindre. Ma tentative réussit et j’ai la joie de les retrouver à Zenting.
Le 29 avril 1945, deux jours après nos retrouvailles, nous sommes libérés par les Américains.

Ma vision de l’Allemagne pendant la guerre


Face aux événements inexprimables de l’époque nationale-socialiste, comment les Allemands ont-ils pu fermer les yeux et se boucher les oreilles ?

Ma vision de l’Allemagne après la guerre


Les Allemands ont su regarder l’histoire des victimes en face et ont agi pour qu’elle ne se reproduise plus. Malheureusement, il y en a encore qui n’ont rien compris.

Ma vision de l’Allemagne aujourd’hui


La relève avec l’Europe est une réalité. La population allemande a conservé son dynamisme grâce à de nombreux sacrifices.

Ma vision de l’Europe et de sa construction


Souhaitons qu’elle reste solidaire car il n’y a pas de résultat si chacun ne se sent pas responsable des efforts à faire pour le bonheur de tous.

Pour conclure, je souhaite que la jeunesse soit à l’avant-garde pour créer un monde nouveau, libre et juste pour tous. En sachant que la PAIX et la LIBERTE sont la garantie d’un bonheur pour tous.

Jacques LANTZ, Patriote Résistant à l’Occupation.

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