Albert HUNGEHEUER

Albert Ungeheuer est né à Mertert au Luxembourg, le 30 mai 1915.
Profondément catholique et évoluant au sein d’une fratrie de cinq enfants, il se tourne à l’adolescence vers une formation d’ébéniste à Differdange où il réside.

Suite au déclenchement du conflit, Albert Ungeheuer rejoint en 1941 la filière d’évasion Differdange-Les-Ancizes, «les Pi-men» créée à l’automne 1940 par Josy Goerres.

Sous différents pseudonymes (Desmots, Monstre ou Jourdain), Albert devient le chef principal du centre d’accueil et de transit des membres de la filière. Il fixe la localisation du centre aux Ancizes dans le Puy-de-Dôme.
Son choix s’appuie sur la présence de relations dans la région

En effet, son frère Paul s’installe dans le Puy-de-Dôme suite à son arrestation en 1941 par la police de Vichy, et travaille par la suite pour l’entreprise d’acier Aubert et Duval aux Ancizes.

L’arrivée de Rolgen, réfractaire à la Wehrmacht à Noël 1943 va provoquer la chute du réseau d’Albert Ungeheuer, ce dernier affecte alors Rolgen auprès d’un garagiste du secteur.
Rapidement lassé par la région et les conditions de clandestinités, Rolgen décide de regagner le Luxembourg.
Arrêté par la Gestapo le 12 février 1944, il livre immédiatement et sans contrainte toutes ses connaissances sur le réseau : organisation, identité, localisation et permet ainsi la mise en place d’un quadrillage de surveillance à Clermont-Ferrand.

Sur place, l’agent de l’Abwher, Steffen, se fait passer pour un réfractaire au RAD et malgré la méfiance d’Albert Ungeheuer, il intègre la filière et entame une surveillance rapprochée du chef du Pi-Men.

L’agent de l’Abwehr Steffen, dépêché sur place suite à l’arrestation de Rolgen, opère une surveillance rapprochée d’Ungeheuer et remarque un déplacement régulier de ce dernier qui se rend quotidiennement à la préfecture place de Jaude à Clermont-Ferrand entre 14 heures et 16 heures.

Grâce à ces renseignements, Ungeheuer est arrêté le 14 mars 1944 à 16 h en sortant de la préfecture. Les jours suivants voient également l’arrestation des autres responsables du réseau ainsi que d’un grand nombre de réfugiés luxembourgeois.

Albert et huit de ses compagnons sont déportés à Hinzert puis transférés au KL Natzweiler le 18 mai 1944.

Ils sont exécutés le lendemain.