Le camp annexe de Neckarelz et les camps du Neckar

Dates d’ouverture et de fermeture du camp :

15 mars 1944 – fin mars 1945

Descriptif du camp :

  • Situation : vallée du Neckar, Allemagne
  • Nom de code : Goldfisch (poisson rouge) A 8
                             Brasse (brème)
  • Locaux : école primaire de Mosbach
  • Nombre de déportés : ± 4 000 (± entre 6 000 et 10 000 pour l’ensemble du complexe des camps annexes du Neckar)
  • Nombre de décès : estimé à un millier pour l'ensemble du complexe du Neckar

Activité principale :

Travaux d'aménagement pour la relocalisation de l'usine de moteurs d'avion Daimler-Benz de Genshagen, dans une mine de Gypse, près d'Obrigheim. Les déportés travaillaient au service de l’industrie de guerre nazie, principalement pour l’usine Daimler-Benz.

Mémorial :

KZ-Gedenkstätte Neckarelz

Activités :

Lien – contact :   

KZ-Gedenkstätte Neckarelz e.V.

  • Mosbacher Str. 39
  • 74821 Mosbach-Neckareiz
  • Tél. + 49 6261 670 653
  • Fax. + 49 6261 672 381
  • e-mail: vorstand@kz-denk-neckarelz.de
  • Site web: www.kz-denk-neckarelz.de/index.htm

Documents joints :

 

 

La création du camp

Le camp annexe de Neckarelz fut érigé le 15 mars 1944 après la délocalisation de l’usine de moteurs d’aviation Daimler-Benz de Genshagen vers Obrigheim/Neckar. Cette délocalisation était un projet du Jägerstab, l’état-major chargé de transférer les lieux de production sensibles sous terre afin d’être à l'abri des bombardements. Le projet pris le nom de code « A8 » et la nouvelle usine Daimler-Benz d’Obrigheim le nom de camouflage « Goldfisch ».

Les déportés

Le premier convoi de 500 déportés en provenance du KL-Dachau arriva à Neckarelz le 16 mars 1944. Les déportés furent placés dans l’école primaire de Neckarelz. Ils durent d’abord transformer l’école en camp de concentration ; la cour de l’école devint la place d’appel. Puis ils durent transformer la plâtrière d'Obrigheim en unité de production, au prix d’un effort de travail considérable. Le délai prévu ne pouvant être tenu, d’autres déportés furent transférés en renfort. Le 27 avril 1944, un convoi de déportés de Groß-Rosen arriva à Neckarelz. Puis, le 16 mai 600 autres déportés arrivèrent de Sachsenhausen et le 23 juillet 1944, un convoi en provenance de Dachau livrait 1 000 autres hommes. Le bâtiment de l’école se révélant bientôt trop petit, l’ancien camp du Reichsarbeitsdienst, le Service du travail pour le Reich, de Neckarach fut transformé en camp pour 1 200 déportés.

Le travail des déportés

Le camp Neckarelz II (près de l’ancienne gare, avec 1000 déportés) fut établi début août 1944. Les hommes travaillaient en deux équipes de 12 heures chacune dans la galerie souterraine. Le travail rude, la nourriture insuffisante et les mauvaises conditions d’hygiène provoquèrent de nombreuses épidémies. Les déportés étaient aussi employés à la construction de baraques pour les ouvriers civils de Daimler-Benz. Ainsi, à partir de septembre, les camps annexes de Neckarbischofsheim et d’Asbach furent construits, dans lesquels seulement 100 et 150 déportés furent placés jusqu’à la fin de la guerre. D’autres petits camps annexes de Neckarelz firent leur apparition à l’automne 1944 à Bad Rappenau et Oberschefflenz. Dans la dernière année de guerre, environ 4 000 déportés travaillèrent au projet de délocalisation « A8 », la plupart venus de France, Pologne et Russie, presque 20 nations étant représentées au total dans les camps.

La direction du camp

La direction du camp annexe de Neckarelz fut assurée du 15 mars au 15 mai 1944 par Franz Hoessler, détaché d’Auschwitz, puis par Franz Hofmann jusqu’au 15 octobre 1944, également venu d’Auschwitz. D’octobre 1944 à mars 1945, le Luftwaffenhauptmann (capitaine de l’Armée de l’air) Wilhelm Streit, devenu membre SS en septembre, dirigea le camp. Il gérait les camps du Neckar sous le contrôle de la Kommandantur du camp principal de Natzweiller, transférée en septembre 1944 à proximité immédiate du Neckar. Les équipes de gardiens étaient composées principalement de membres de la Luftwaffe, transférés à la SS en septembre 1944. La Kommandantur détachée du camp principal de Natzweiller se répartissait dans plusieurs villages. L’état-major se trouvait à Guttenbach, l’administration et le magasin d’habillement au château Binau, l’équipe d’entretien des véhicules SS à Neunkirchen.

L’évacuation du camp

Les camps du Neckar furent évacués fin mars 1945 : les déportés capables de marcher furent envoyés à pied à Dachau, où une partie d’entre eux arriva un mois plus tard, le second groupe marcha de Neckarelz à Kupferzell, d’où ils furent transportés en train jusqu’à Dachau. Les déportés incapables de marcher et les malades devaient être acheminés vers Dachau directement par le train. En raison de la destruction des lignes de chemin de fer, ils ne parvinrent cependant qu’à Osterburken, situé à 30 km de Mosbach, où ils furent libérés par des troupes américaines le 4 avril 1945.

Le camp après-guerre, les procès et la mémoire

Une partie des machines « Goldfisch » furent expédiées en URSS en paiement des dommages de guerre, certaines restèrent propriété de Daimler-Benz ou furent allouées à d’anciens employés « Goldfisch » pour s’établir dans la vallée du Neckar.

Les commandants du camp furent condamnés pour leurs crimes dans d’autres camps de concentration, tandis que quelques gardiens et déportés ayant exercé une fonction furent traduits devant le tribunal militaire français de Rastatt.

Aujourd’hui, le lieu commémoratif du camp annexe de Neckarelz veille à la mémoire des camps du Neckar. Un musée aménagé en face de l’école primaire Clemens-Brentano (anciennement camp I) ainsi qu’un parcours pédagogique historique, à Obrigheim, près de la galerie souterraine de l’ancienne firme « Goldfisch » rendent compte avec réalisme de la vie, du travail et des souffrances des anciens déportés du KZ.