Les déportés du camp de Natzweiler étaient originaires de toute l'Europe, de prisons, de camps d'internement ou d'autres camps de concentration. Pour tous, le processus d'admission au camp fut identique : descente à la gare de Rothau, montée au camp à pied ou en camion, enregistrement sous un numéro matricule, dépouillement de toute identité et affaires personnelles, épouillage, désinfection et distribution de vêtements dépareillés et parfois de tenues rayées.
Ils avaient été arrêtés pour des motifs divers. Les premiers déportés du camp étaient essentiellement allemands, déportés de droit commun, « asociaux » ou déportés politiques. À partir de 1942, ils étaient Soviétiques, parfois prisonniers de guerre, ou Polonais ou originaires des territoires annexés par le IIIe Reich (Tchèques, Alsaciens et Lorrains) . En 1943, un grand nombre de déportés luxembourgeois, puis des Résistants de différentes nationalités, arrivèrent de divers camps de concentration ou prisons en Europe : Belges, Néerlandais, Norvégiens et Français. Parmi ces derniers se trouvaient de nombreux militaires, notamment membres de l'Armée secrète et de l'Organisation de résistance armée. En juillet 1943, le premier convoi de déportés NN français arriva à Natzweiler. Arrêtés comme Résistants, ces derniers étaient tombés sous le coup des décrets nazis de 1941 dit Nacht und Nebel (« Nuit et Brouillard »). Ces décrets visaient à faire disparaître les Résistants et, de manière générale, tous les opposants à la force d'occupation allemande. Emprisonnés ou déportés, entièrement coupés du monde extérieur, ils étaient voués à une mort lente par le travail, l'épuisement, la faim et les maladies. Certains déportés passaient ensuite en jugement devant le tribunal de Breslau ; d'autres furent maintenus sans procès dans les camps. Leurs familles et proches ne recevaient plus aucune nouvelle d'eux.
Enfin, à partir de 1944, des Juifs, essentiellement originaires de Hongrie et de Pologne, furent déportés dans les camps annexes.
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