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Décès de Monsieur Henri Poirson, résistant déporté à Dachau et Auschwitz.

     

Henri Poirson nous a quitté le 25 décembre 2016.

Henri Poirson est né le 31 octobre 1923 à Metz. Son père, Camille est militaire de carrière et médaillé militaire de 14/18.
La famille s'installe à Moussey en 1924 quand le père d’Henri quitte l’armée. Celui-ci est embauché au service du personnel des entreprises Laederich.
Henri est élève de l'école primaire du village.
Les moyens de la famille ne permettant pas d’aller plus loin dans les études, il est embauché après son certificat d'études dans une ferme. Celle-ci assure la fourniture quotidienne du lait nécessaire à la crèche et aux familles les plus nécessiteuses, puis aussi à la « soupe populaire » pendant l'Occupation.
Pendant la guerre, Henri est intégré dans le contingent des « requis du travail » exigé par l'occupant, il part travailler de septembre à octobre 42 dans le chantier rural dirigé par les Allemands à Buxières (Meuse). Il finit par s’enfuir et regagne Moussey à vélo.
Jules Py, directeur général des entreprises Laederich et maire du village, ayant pu « arranger l'affaire », emploie Henri dans l'équipe des chauffeurs sise au tissage Moussey.
Henri entre en résistance à l’occupant dès 1942. De fin octobre au 24 septembre 1944, date de sa déportation, il transporte des évadés. Sous couvert des activités logistiques propres aux usines du groupe, et par ailleurs du ravitaillement de la population, l'équipe des « chauffeurs du garage » et du « tramway Moussey-Senones » est le maillon d'évacuation de la « filière des passeurs Salm-Moussey ».

C’est une des composantes de la résistance de la haute vallée du Rabodeau, un bastion solidement organisé depuis les débuts de l'occupation dans lequel s'impliqueront maire, gendarmes, usines du groupe Laederich, directeur d'école et population.
Avec la « centurie de Moussey » du Groupe mobile Alsace-Vosges (la 6ème), il participe au parachutage des avant gardes anglaises de « l'opération Loyton » (nuit du 12/13 août 44) et en assure avec ses camarades  la réception, le transport des armes et équipements vers une cache.
Au sein de la centurie de Moussey du 1er Régiment de chasseurs vosgiens FFI (après la dissolution du GMAV), en coopération avec les parachutistes anglais, il participe à la reconnaissance et à la sécurisation des terrains de parachutage, à la chasse aux « espions », aux reconnaissances des positions et à l’observation des mouvements des troupes allemandes...
 
Henri est arrêté lors de la  deuxième des trois rafles et déportations de la vallée du Rabodeau, celle du 24 septembre.


Henri Poirson à Dachau. Mai 1945.

D’abord enfermé au château de Belval (siège du Sicherheitsdienst), il est ensuite transféré au camp de Schirmeck puis déporté à Dachau où il arrive le 9 octobre 1944.
Puis ce sera Auschwitz (« transport » parti de Dachau le 24 novembre dit « le convoi des Vosgiens »). Début décembre, il est à nouveau transféré à Dachau par train.
Là, c'est « la vie de Dachau ». Ce sera aussi le calvaire des allers retours quotidiens, les « München Kommandos», destinés à  déblayer les décombres des ruines causés par les bombardements alliés, tout aussi quotidiens, sur la gare de Munich.
 
De retour « à la maison », cet homme optimiste reprendra son métier de chauffeur, fondera une  famille et saura croquer la vie. Il saura toujours profiter de celle-ci malgré nombre de malheurs au fil des ans.
 
Henri Poirson était titulaire de la légion d'honneur, et de ces autres décorations qui témoignent du courage et des convictions de l'homme : croix de guerre avec palme, médaille militaire, croix du combattant volontaire de la Résistance, croix du combattant, médaille du résistant-déporté.

Henri nous avait honoré de sa présence pour la journée de préparation au CNRD à Strasbourg en décembre 2013 où il avait témoigné devant les élèves.

Il était le dernier vivants des 450 déportés de la rafle du 24 septembre 1944.

Ses obsèques ont eu lieu le 28 décembre à Moussey.

Le Centre européen du résistant déporté présente ses sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

 

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