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Décès d'Albert Montal, résistant, déporté à 15 ans à Dachau et Leonberg

     

C'est avec une profonde tristesse que nous apprenons la disparition de Monsieur Albert Montal.


Résistance

Le 2 septembre 1944, les résistants du Groupe Lorraine 42 occupent la ville de Charmes (Vosges)   évacuée par les Allemands. Ils ont reçu pour mission de tenir la ville et d’empêcher le pont enjambant la Moselle de sauter. Des barrages sont installés sur tous les accès menant à la ville.
Le père d’Albert est responsable du groupe sanitaire. Albert   et Fernand son frère le rejoignent.
« Nous étions tous des petites Jeanne d’Arc qui voulions sauver la France » aimait à déclarer Albert.
Les deux frères sont chargés de ravitailler en vivres et en munitions les barrages Nord-Ouest.
Le 4 septembre au soir, les Allemands reviennent en force avec artillerie et blindés.
Après des combats acharnés, les résistants doivent se replier. Albert et son frère restent sur place pour s’occuper des blessés.
 
Arrestation et déportation
 
Le 5 septembre, les Allemands bombardent la ville et l’incendient : 70% de Charmes est sinistré.
Le soir, 150 hommes sont arrêtés et emprisonnés à la prison d’Epinal. Le plus jeune est Albert, âgé de 15 ans.
Le maire de la ville, Henri BRETON, refuse d’abandonner ses administrés. Il mourra d’épuisement à Bergen-Belsen.
Le lendemain, les détenus sont déportés à Dachau via le camp de sûreté de Schirmeck et de Gaggenau (annexe de Schirmeck). Albert découvre l’univers concentrationnaire : le travail forcé, les coups, la faim…
Le 5 décembre 1944, il est transféré à Augsbourg-Pfersee (camp annexe de Dachau) puis au camp de Leonberg (camp annexe de Natzweiler).
Il travaille dans le tunnel d’Engelberg à la fabrication d’avions Messerschmitt 262 (premier chasseur à réaction opérationnel au monde).
L’usine fonctionne 24 heures sur 24. Deux équipes de douze heures chacune se succèdent jour et nuit dans un vacarme infernal, l’atmosphère viciée, le froid, l’humidité et sous les coups.
Affaibli par le travail éreintant, il arrive à se faire « hospitaliser » au Revier*.
Par chance, un déporté dentiste français va le prendre sous son aile. Albert devient son assistant. Il est chargé d’arracher les dents en or des morts. Il échappe ainsi au tunnel.
Au début de l’année 1945, Albert contracte le typhus. Il survit à cette terrible maladie, transmise par les poux et qui fait des ravages dans les camps.
 
Les marches de la mort
 
Le 15 avril, devant l'avancée des Alliés, Leonberg est évacué. 3 000 déportés partent sur les routes.
Albert affronte sa première marche de la mort (à pied puis en wagon de marchandises) en direction de  Kaufering (camp annexe de Dachau) en Bavière. Il n’y fait qu’un bref séjour.
Il est ensuite transféré dans un camp près de Landau sur Isar ou il travaille à l’aménagement de pistes d’aviation.
Ce camp est également évacué. Albert entame sa deuxième marche de la mort. Au cours de celle-ci, alors que la colonne s’arrête, lui continue inconsciemment à marcher et se retrouve seul et libre.
 
Libération
 
Aidé par des bonnes sœurs allemandes puis par des prisonniers de guerre français, il est définitivement libéré le 1er mai 1945, à Eggenfelden, par les troupes américaines.
Lorsqu’il rentre chez lui, après un passage à l’hôtel Lutetia à Paris, il est âgé d’à peine 16 ans. Sa maison est dévastée mais il retrouve ses parents.

* Revier : Nom donné à « l’infirmerie » dans les camps de concentration.
 
Le retour à la vie.
 
Albert reprend ses études puis décide de succéder à son père à la tête de l’entreprise familiale.
Fernand, son frère, arrêté en même temps que lui est mort lors de l’évacuation de Blechhammer (camp annexe d’Auschwitz).

Albert a longtemps continué à transmettre aux jeunes générations le souvenir de la Résistance et de la Déportation.
Il était président du Groupement des Déportés du Canton de Charmes.

Il était titulaire de nombreuses décorations dont la légion d'honneur.

* Revier : Nom donné à « l’infirmerie » dans les camps de concentration.

Le Centre européen du résistant déporté adresse ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches. Nous perdons non seulement l'un de nos anciens mais également un ami.

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