Décès de René Thalmann

René Thalmann, résistant, déporté NN à Natzweiler, Dachau, Allach, Haslach et Vaihingen nous a quittés.

René Thalmann est né à Saint-Dié-des-Vosges (88) le 16 mars 1927.
En octobre 1943, il entre dans la résistance au sein de l’Organisation Civile et Militaire (OCM).
Le 26 janvier 1944, 13 hommes de son organisation, attaquent un commissariat de Saint-Dié, pour y dérober des armes et des tickets de rationnement. L’opération tourne mal, un policier est blessé.
Tous les résistants sont arrêtés par la Gestapo et la Feldgendarmerie. Ils sont fusillés le 27 avril.
L’organisation est anéantie.
Après le démantèlement, les rares rescapés de l’OCM tentent de se réorganiser et de recruter de nouveaux membres. C’est durant cette période que René Thalmann est arrêté le 30 mars 1944.
Lors d’une perquisition menée par la Feldgendarmerie chez ses parents, deux pistolets et des munitions sont découverts.
Accusé d’appartenir à la résistance et d’être affilié au groupe ayant perpétré l’attaque de janvier, René, malgré des interrogatoires particulièrement « musclés », n’avoue rien.
Il est alors transféré à la prison de la Vierge à Epinal. De nouveau interrogé à la Kommandantur de la ville, il ne craque pas.
En prison, il voit ses camarades arrêtés en janvier partir au tribunal puis, en chantant la Marseillaise, vers le peloton d’exécution dont il entendra les coups de feu résonner.
Sans jugement, il est transféré, avec d’autres camarades vers la prison du Cherche-Midi à Paris.
Le 1er juin, il est déporté au KL Natzweiler où il arrive le 2.
Classé Nacht und Nebel, il reçoit le matricule 16982.
En septembre, comme tous les déportés du camp, il est évacué sur Dachau puis sur son camp annexe d’Allach. Matricule 101452.
Le 16 septembre, il est transféré avec 400 autres détenus vers Haslach Barbe H, un camp annexe de Natzweiler qui vient d’être créé en Forêt Noire. Il y reçoit le matricule 34552.
Après quelques jours à travailler à la construction du camp, René est affecté à l’aménagement des tunnels devant abriter les installations de l’entreprise Daimler-Benz.
Les conditions de vie sont épouvantables. Le froid, l’humidité, la faim, les maladies font des ravages parmi les déportés. Par ailleurs, la brutalité des membres de l’organisation Todt qui encadrent le chantier n’a bien souvent rien à envier à celle des SS. La mortalité est effrayante.
Très affaibli, atteint de congestion pulmonaire, René est admis au Revier.
Le 16 février 1945, il est transféré au camp de Vaihingen, le mouroir du KL Natzweiler.
C’est là que René sera libéré par les troupes françaises le 7 avril.

René se marie en 1947. De cette union nait un fils.

Très engagé dans le travail de mémoire, témoin inlassable de l’expérience concentrationnaire, Il était président de l’association des Déportés (FNDIRP) de Saint-Dié-des-Vosges et vice-président de l’association des Médaillés militaires.

Officier de la Légion d’honneur, il était également titulaire de la médaille militaire, de la croix de guerre, de la croix du combattant volontaire de la Résistance et de la médaille de la Déportation.

René Thalmann nous a quittés le 19 avril. Ses obsèques ont eu lieu dans l’intimité.

Le Centre européen du résistant déporté adresse à sa famille et à ses proches ses profondes et sincères condoléances.

Photographie par Jean-François Faye