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Serge ZACHAYUS, Déporté

     

Les textes sont sous la responsabilité de leurs auteurs respectifs.
Ils traduisent des points de vue personnels et divers.

Pendant la guerre, jusqu’à ma déportation avec mes parents et ma grand-mère maternelle en camps de concentration, je n’avais que huit ans, donc j’avais une perception assez restreinte de l’Allemagne.

Je savais que les Allemands et certains Français n’aimaient pas les Juifs.
Il fallait faire attention pour ne pas être arrêtés.

C’est à peu près tout.

Ma mère et moi avons survécu à la guerre et à la déportation. Mon père et ma grand-mère ont  disparu dans les camps de la mort.

J’avais une haine inextinguible de l’Allemagne et des Allemands qui a duré plusieurs années.

Ce n’est que bien des années après, que j’ai ressenti le besoin de témoigner, après une conversation avec mon fils.
Bien entendu, aujourd’hui, l’Allemagne a une nouvelle génération, différente de l’ancienne. Bien que lorsque je vois un Allemand âgé de plus de quatre vingt ans, j’ai toujours des doutes. Je me demande si ce bon grand-père, au visage souriant, n’est pas un ancien tortionnaire.

J’étais au départ contre l’Europe et sa création. Surtout avec les Allemands. Mais j’ai évolué. Je crois aujourd’hui qu’elle est nécessaire, pour éviter d’autres guerres en Europe.

Seuls le dialogue, la connaissance des peuples entre eux et une vision commune des choses permettront, malgré les désaccords inévitables, d’avoir la paix.

Les écueils sont souvent difficiles à éviter, mais la jeunesse actuelle doit avoir foi en l’avenir et consolider la paix, la liberté et les droits de l’homme chèrement acquis au cours des siècles.

Mais il faut être vigilant pour qu’ils ne soient jamais remis en cause par de nouveaux oppresseurs qui ne rêvent que de confisquer ces libertés.

Serge ZACHAYUS
Déporté

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