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Albert Montal, Résistant, Déporté

     

Le 5 septembre 1944, la libération est proche, après 4 années d'occupation allemande de notre territoire; la Résistance harcèle l'ennemi en déroute.

J'ai 15 ans, étudiant en vacances, je vais avec mon frère rejoindre mon père qui est responsable du groupe sanitaire du maquis qui occupe la ville pour protéger le grand pont sur la Moselle. Après 3 journées de résistance et de combats, l'armée allemande arrive en force et la bataille est rude; l'ordre est donné aux maquisards de se replier ; nous restons pour évacuer les blessés.

Les représailles vont se déchaîner, la ville sera brûlée et 148 hommes de 15 à 75 ans seront déportés vers Dachau, pour ensuite être dispersés dans les kommandos de bagnards, aux durées de vie limitées.

Seuls 86 compagnons de misère reviendront de l'enfer. Mon frère est mort en Haute Silésie, abattu durant les marches de la mort ; notre maison est brûlée.
La rancœur envers le nazisme, envers le peuple allemand qui a adhéré à ce régime de terreur, est grande et je ne peux pardonner à ce peuple civilisé qui a permis l'accomplissement de telles horreurs.

Mais le temps passe et la France de Gaulle avec Adenauer signent la réconciliation ; faut-il admettre ? L'Europe se construit, les échanges entre les deux peuples se multiplient, il faut réfléchir, admettre que les enfants allemands ne sont pas responsables des erreurs de leurs pères.

« Elie Wiesel » Prix Nobel de la paix, rescapé d'Auschwitz écrit ;« Si la haine était une solution, les rescapés auraient dû incendier le monde à leur sortie des camps ».
Je ne peux pardonner aux nazis d'avoir scientifiquement organiser l'Holocauste.
HITLER l'avait écrit dans « Mein Kampf » et le peuple allemand s'est laissé fanatiser ; très peu ont    résisté, ils furent très vite enfermés à Dachau.

Les descendants ont été horrifiés et aujourd'hui assument leur passé ; l'amitié franco-allemande est une réalité.

L'Europe est rassemblée mais elle doit poursuivre sa construction ; nous sommes en paix depuis plus de 65 ans, on osait l'espérer, nos enfants ne se font plus la guerre.

Au seuil de ma vie, j'invite les nouvelles générations à résister à l'indifférence, à ne pas accepter l'endoctrinement qui souvent conduit à la dictature, car alors c'est la perte de la liberté, donc de la démocratie et l'histoire se répète.

Albert MONTAL

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